Conférence sur la Libye antique


Ce lundi 3 décembre se tenait, à l’auditorium du Louvre, une conférence sur la Lybie Antique. Bonne occasion d’assister pour une première fois au conférences et colloques du Louvre. Salle bondée pour écouter Vincent Michel, enseignant chercheur en histoire de l’art et archéologie à l’Université de Poitiers, et directeur du Centre de recherches pour la Libye antique Paris IV depuis 2011

Une heure pour un point de situation sur l’actualité archéologique de ce pays « très célèbre mais méconnu » notamment en matière de patrimoine historique. Du point de vue chronologique, toutes les périodes y sont représentées, de la préhistoire jusqu’au Moyen-Age. Du point de vue géographique, l’activité humaine s’est concentré principalement sur la côte.

Commençons par la Préhistoire, avec le site d’Abou Tamsa. Cette fouille préhistorique est menée sous la direction d’Elodie de Faucamberge.

Le site se présente comme un abri sous roche d’environ 20m².

Lybie antique - Abou Tamsa

Un sondage en 2006 a révélé la présence d’animaux domestiques datant du néolithique. Une fouille plus étendue dans le fonds de l’abri a révélé des céramiques, des coquillages, un travail de l’os. Il n’y a pas de restes humains. Mais ce site présente suffisamment d’éléments pour remettre en cause la date de domestication communément admise, certains éléments retrouvés datant de la seconde moitié du 7ème millénaire

Toujours en préhistoire ou en post préhistoire, la grotte de Kaf Tahr, montre des gravures rupestres
sur 2 périodes : une première serie, préhistorique, avec une autruche, un poisson, une gazelle ; une autre protohistorique ou historique, avec un guerrier (?), un cheval et un char.

Puis la période gréco-romaine a été présenté, autour du site d’Apollonia et de Erythron latrun à 35 km à l’Est d’Apollonia
Le site d’Apollonia retrace toute la chronologie depuis les origines (4ème siècle av. JC) et il a plusieurs fonctions. Une fonction défensive avec la présence d’une tour fortifiée, de période byzantine, mais aussi une fonction cultuelle : on y a retrouvé 19 autels datés du 4/3eme av. JC, des petites niches pour déposer des offrandes très variées, sans doute en raison du grand nombre de passages dans cette région.

La mission mène aussi un travail de sauvetage contre les assauts de la mer mais aussi contre ceux de l’urbanisation (la ville moderne a été multipliée par 3 en 5 ans)

Lybie Antique - Apollonia - Site

 

L’autre axe des travaux est la restauration des amphores panathénaiques, à figures noires, datées du milieu du 4ème siècle. Ce travail a été mené par Gianpaolo Nadalini qui travaille désormais sur les mosaiques antiques retrouvées sur le site.

Le site d’Erythron fait aussi l’objet de nombreux travaux. On y étudie notamment le développement de l’agglomération, à partir du 4ème siècle av JC, d’une ferme fortifiée (pyrgos). Il existe aussi une phase d’occupation byzantine représentée par les
2 basiliques. La mission y mène également un travail de restauration. La basilique Ouest a fait l’objet d’une remise en vertical de ses colonnes. Le marbre égéen qui plaquait son intérieur avait été acheminé exprès, n’était pas issu d’un réemploi comme c’est souvent le cas, ce qui montre la richesse de l’agglomération.

Vincent Michel en action

Vincent Michel en action

Lybie Antique - Erythron Basilique

Des thermes d’époque romaine ont été également retrouvées et fouillées. Elles se présentent sous la forme d’un octogone central, contenant une piscine entouré de 3 niveaux de gradins. Dans les pièces attenantes, un stibadium (les convives sont installés en arc de cercle), a été relevé, ainsi qu’un double système de chauffage, au sol et par tubulure. Par la taille de l’édifice, les thermes devait réellement marquer le paysage rural. A la fin du 4ème siècle après JC, les thermes sont reconverties en villa, ou l’octogone fera office de péristyle.

Enfin le célèbre site de la Libye antique, Leptis Magna ou la mission travaille sur le dégagement et/ou l’étude des thermes du levant, sur 1500 m², révélées par des fouilles. Dans les salles thermales, datées du 2ème après JC, les restes d’une noria, une machine élévatrice d’eau, ont été mis à jour

Tout ce matériel va faire l’objet d’une valorisation. Le projet IGCyr notamment a pour objectif le recensement et la publication électronique de toutes les inscriptions de Cyrénaïque.

Plus généralement la mission en cours et les 60 ans de présence en Libye permettront de mieux connaitre l’histoire du pays, de sensibiliser les populations à leur patrimoine et renforcer la coopération internationale mais aussi locale avec notamment des formations dispensées sur le terrain.

Pour en savoir plus

  • http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2011/10/28/01006-20111028ARTFIG00694-la-libye-redecouvre-ses-tresors.php
  • Les sites de la Libye antique inscrits au patrimoine mondial par l’UNESCO http://whc.unesco.org/fr/etatsparties/ly

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