Indus et Mésopotamie, très proches


Taureau - 2300 av JC - 1750 av JC - Mohenjo-daro

Taureau – Mohenjo-Daro, entre 2300 et 1750 av JC

 

Ce qui m’a frappé à l’étude de  la civilisation de l’Indus (située sur le Pakistan actuel), c’est sa proximité artistique et technologique avec la Mésopotamie, malgré son éloignement géographique. Témoignage de cette relation entre les deux civilisations, on a retrouvé certains objets de l’Indus … dans les tombes royales mésopotamiennes !

Le terme de « Meluhha » figure sur les tablettes mésopotamiennes du IIIème millénaire. Ce terme désigne sans doute la civilisation de l’Indus. Depuis longtemps on connait les mentions de Sargon d’Akkad, vers 2300 av JC. des bateaux de Meluhha, Magan (Oman) et Dilmun (Barhein). On sait aussi, toujours grâce à ces tablettes que les successeurs de Sargon ont mené des expéditions militaires jusqu’aux frontières de Meluhha. Et les textes de la fin du IIIème millénaire, notamment ceux de Goudéa, autour de 2100 av JC, mentionnent les embellissements de Lagash par la cornaline, le cuivre, l’argent, l’or et le lapis-lazuli importés de Meluhha. On peut donc penser que échanges commerciaux et conquêtes militaires ont favorisé les échanges culturels.

Deux villes d’importance de la civilisation de l’Indus ont été découvertes et fouillées, toutes deux situées sur le fleuve Indus, Mohenjo-daro et Harappa.

L’architecture et l’urbanisme

La ville de Mohenjo-Daro est comme pour les villes mésopotamiennes, construite en brique d’argile. Mais la ville se distingue par un réseau d’alimentation en eau tout à fait remarquable et sans équivalent pour l’époque. Des salles de bains dans les habitations, des sources d’alimentation en eau, publiques et privées, des canalisations couvertes pour les égouts …. En particulier, un grand bain, dévolu sans doute à des ablutions, était alimenté par un puits (le rond noir au centre de l’image, à gauche du bassin) et vidangé par un principe de vanne qui donnait sur une canalisation d’évacuation.

 

Grand Bain - Vue aérienne

 

Mohenjodaro - Bain

 

Des briques crues étaient recouvertes de briques cuites, ces dernières étanchéifiées par du goudron.

Cette urbanisation dense, cette organisation globale, ne pouvait fonctionner qu’avec un pouvoir central … dont on a pourtant aucune trace à ce jour !

Les sceaux

Comme en Mésopotamie, les sceaux, souvent en stéatite, font leur apparition et servent aussi (?)  à qualifier, en volume et en nature, des objets / nourriture pour le commerce. Ce qui est remarquable est l’apparition du taureau de façon assez fréquente, témoignant peut être d’un culte à cet animal. Les sceaux étaient gravés en creux permettant, par impression sur de l’argile molle, de reproduire le motif.

Sceau avec Unicorne 2100 BCE - 1750 BCE

 Ici, mauvais exemple, :-), un unicorne, mais c’est beau !

… avec une sorte d’autel devant lui et une inscription dans une langue non déchiffrée à ce jour.

Autre exemple, ci-dessous, un sceau représentant un personnage cornu, entre deux branches (haut gauche), à sa droite un autre personnage cornu s’agenouille. Un taureau à tête d’homme se tient derrière lui. En dessous 7 femmes coiffées peut être d’un bonnet sont en procession.

 

Sceau montrant une célébration

La céramique

La céramique de la civilisation de l’Indus est monochrome, avec des motifs géométriques ou animaliers comme celle que l’on peut voir en Iran ancien, tout proche géographiquement.

Pot - Harappa - 2300 av JC - 1750 av JC

 Pot trouvé à Harappa

Enfin la statuaire, ou plus précisemment une des très rares statues retrouvées, celle d’un personnage barbu, que l’on assimile (à défaut d’autre chose …) au roi-prêtre, bien connu en Mésopotamie.

Homme barbu ter - 2100 av JC - 1750 av JC - Mohenjo-daro

 

Homme barbu détail - 2100 av JC - 1750 av JC - Mohenjo-daro

Cette assimilation à la Mésopotamie est sans doute le résultat de manque de matériel, les sites et les objets découverts étant plus rares que pour les autres civilisations. La langue non déchiffrée empêche aussi la compréhension des messages découverts … Donc beaucoup d’hypothèses et d’incertitudes pour cette période …

A suivre l’ art gréco-bouddhique et périodes ultérieures, ce qui permettra sans doute d’aller plus loin dans la compréhension des oeuvres !

Pour en savoir plus, les quelques sites que j’ai trouvé qui recense les objets découverts de l’Indus et de l’Inde ancienne plus généralement.

 

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