Les serviteurs funéraires en Chine ou Mingqi 1


Origines des Mingqi

Les archéologues s’accordent à penser que des sacrifices humains avaient lieu en Chine à l’époque des Shang (1700-1050 BC). Ils étaient opérés dans un contexte funéraire, uniquement pour les personnages de haut rang. Par exemple on a retrouvé seize squelettes humains dans la tombe royale de la dame Fu Hao mais aussi des restes de chiens et de chevaux. Cette tombe a été découverte intacte vers 1976 à Anyang (Henan), l’une des capitales de la dynastie.

Mingqi - fouilles tombe Fu Hao

Fouilles de la tombe Fu Hao

C’est à partir de l’époque des Zhou, et plus particulièrement sous les Royaumes combattants (481-221 BC), que l’on va progressivement substituer des serviteurs funéraires à cette pratique. Le défunt est alors enterré avec des répliques de serviteurs, d’offrandes et de nourriture. Ces figurines funéraires, généralement en terre cuite ou en bois, se nomment Mingqi. Elles peuvent figurer des personnages, une architecture ou encore des objets du quotidien.

L’exemple le plus connu est celui de la tombe de l’empereur Qin Shi Huang qui fit construire son mausolée à partir de 221 BC dans la province du Shaanxi. La plus importante fosse de ce complexe funéraire comprend environ six mille soldats et chevaux. Ces personnages à taille humaine sont en terre cuite, ils ont été moulés en plusieurs parties. Ils étaient ensuite recouverts d’une laque polychrome. Il est intéressant de constater que tous les visages des soldats sont différents. Il s’agit donc d’un cas exceptionnel puisque gigantesque.

Mingqi - Qin Shi Huangdi

Soldats de Qin Shi Huang

Les serviteurs funéraires ou Mingqi sous les Han (206 BC – 220 AD)

L’art des serviteurs funéraires se développe considérablement sous les Han. Ils sont toujours réservés à l’élite et représentent alors des cavaliers, des musiciens, des danseuses ou encore des serviteurs. Le mouvement des danseurs est alors suggéré par la forme de leurs habits. On remarquera que les corps sont encore seulement esquissés en ce qui concerne les figures humaines.

Mingqi - Danseuse, dynastie des Han occidentaux 206 BC- 09 AD, 53 cm Metropolitan museum of New York

Danseuse, dynastie des Han occidentaux (206 BC- 09 AD), 53 cm, Metropolitan museum of New York.

On retrouve sous les Han beaucoup de représentations d’animaux dans le mobilier funéraire, notamment de chevaux. A partir des Han occidentaux on insiste moins sur leur musculature.

Mingqi - Cheval debout, Han postérieurs orientaux 22-220 AD 104 cm de haut terre cuite, musée Guimet

Cheval debout, Han postérieurs/ orientaux (22-220 AD), 104 cm de haut, terre cuite, musée Guimet.

Les maquettes présentes dans les tombes nous renseignent elles aussi sur la vie des défunts : fermes, pavillons…

Les serviteurs funéraires ou Minqi sous les Tang ( 618 – 907 AD)

C’est à cette époque, considérée comme un âge d’or de l’art chinois, que la céramique se développe considérablement d’un point de vue technique. Les figurines sont plus travaillées et plus détaillées. De nouvelles formes nous renseignent sur la société : femmes de la Cour, étrangers, rendent compte de la mode, du rayonnement et du cosmopolitisme de cette dynastie.

Le corps des femmes est plus travaillé que sous les Han, elles portent des vêtements plus légers, leurs corps sont fins et elles ont des coiffures complexes. Il ne faut pas oublier que ces œuvres étaient peintes.

Mingqi - Dame au chignon, dynastie Tang, terre cuite et engobe polychrome, 47 cm, musée Guimet

Dame au chignon, dynastie Tang, terre cuite et engobe polychrome, 47 cm, musée Guimet.

Cette œuvre a été réalisée à l’aide d’un moule bivalve. Ces figurines étaient placées et alignées dans les tombes.

L’Empire connaît une grande expansion territoriale sous les Tang, il n’est donc pas étonnant que les artisans représentent les étrangers, témoignant ainsi des intérêts de la société. Les marchands étrangers sont sur des chameaux ou des chevaux, certains ont la peau foncée, des barbes longues et bouclées

Mingqi - Marchand perse, Sancai, dynastie Tang, musée de Pékin

Marchand perse, Sancai, dynastie Tang, musée de Pékin.

La technique des « trois couleurs » ou Sancai (voir œuvre ci-dessus)

Cette technique apparaît entre les VIIe et VIIIe siècles, soit sous les Tang. Il s’agit de recouvrir la céramique avec une glaçure colorée grâce à des oxydes métalliques :

  • oxyde de cuivre : vert
  • oxyde de fer : jaune
  • oxyde de manganèse : violet
  • oxyde de cobalt : bleu

Recouvertes de glaçure, les pièces étaient cuites en oxydation entre 800° et 1000°. Cette technique est aussi bien utilisée pour les Mingqi que pour la vaisselle.


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