Le doryphore de Polyclète


Doryphore de Polyclete
« Doryphore » de Polyclète sculpteur, vers 440 av. JC

Le Doryphore de Polyclète

Je voudrais revenir sur la statuaire grecque de l’époque classique. J’avais déjà évoqué, le « Doryphore » de Polyclète vers 440 av. JC : Polyclète est connu pour avoir établi un traité codifiant les proportions des parties du corps et la position du « contrapposto» (ci dessus) :

  • jambe d’appui avec contraction des muscles, autre jambe fléchie et décontracté,
  • posture « réaliste » dans le sens ou elle nous parle, elle est vivante, tous les muscles et les tendons sont en place.
  • un « aménagement » de cette posture pour qu’elle soit « vraie » mais aussi agréable à regarder.

Auparavant, la Grèce connaissait le Couros (ci dessous) :

  • jambe gauche avancée,
  • bras le long du corps,
  • léger sourire,
  • rigidité et verticalité du corps,
  • pas de représentation de l’effort dans l’anatomie du corps, de la jambe avancée.

Cela rappelle évidemment la statuaire égyptienne. Pour rappel un Couros, forcément typique, c’est ça :

 

Couros du MET

Couros (MET)

Le contrapposto

Après le Couros et avant que Polyclète ne codifie le nouveau style, quelques artistes ont fait la « révolution » et inscrit le corps dans un espace, une logique, qui nous est plus naturelle : inclinaison de la tête, des hanches, contraction et décontraction des muscles selon le mouvement présenté en contrapposto. La rupture est aussi dans le visage, impassible malgré l’effort. Enfin, ils ont adopté la « stratégie du triangle ».

Laissez moi vous montrer cela sur quelques œuvres qui datent des années -480 a -460 av. JC

Ephebe de Critios

On distingue bien la jambe portante de la jambe libre, avec la contraction des muscles qui doivent l’être, l’inclinaison des hanches. Il n’est plus souriant. Cependant les épaules restent encore horizontale et le haut du corps semble encore figé et un peu raide

Dieu du cap Artemision

L’œuvre ci dessus est remarquable non seulement parcequ’elle est en bronze (très peu d’œuvre subsistent dans ce matériau) mais aussi parce qu’elle montre que les grecs avaient le souci de l’étude du corps en mouvement. Comme dit, c’est une « réalité aménagée pour être agréable à l’œil » (les bras atteindraient sans doute les genoux si ils pendaient le long du corps).

Discobole de Myron

Le Discobole répond à toutes les caractéristiques déjà données précédemment (impassibilité, posture « idéale », jeu de plusieurs triangles (que je ne veux pas figurer ici de peur de défigurer l’ensemble)

 

Stele de l'Athena Pensive

Stèle de l’Athéna pensive

Pour cette stèle, le triangle a été ici retenu contre les lois de la gravité ! Athena, penché sur sa lance porte un peplos, vêtement de laine lourde. Notez que l’artiste, pour garder le triangle, a sculpté les plis en oblique, malgré le poids du tissu qui aurait du les rendre verticaux. Un exemple parfait de cette « réalité aménagée » !

Un commentaire ?