La représentation du Mythe de Dionysos


Dionysos, dieu du vin et de l’inspiration, préside aux banquets (les Dionysis pour les Grecs, les Bacchanales chez les Romains) et aux célébrations festives.

Dionysos et son thiase, cratère à figure noire. Vers 520-510 av J.-C.Paris, musée du Louvre

Dionysos et son thiase, cratère à figure noire. 

Vers 520-510 av J.-C.Paris, musée du Louvre

Par le vin, la culture de la vigne et l’ivresse, le culte à Dionysos se propagea dans toute la Méditerranée et donna lieu à de nombreuses représentations sous l’Antiquité. C’est ainsi que le Dieu (protecteur des Arts par ailleurs) fut largement représenté dans l’Antiquité par les artistes des différentes périodes et régions.

Commençons par un bref rappel du mythe. Je poursuivrai avec la représentation de son culte dans un billet à suivre.

Naissance de Dionysos

Dionysos est le fils de Zeus et de Sémélé, princesse Thébaine. Sémélé, maîtresse de Zeus, lui demanda de lui démontrer toute sa puissance. Le dieu céda sous les empressements de sa maîtresse. Le palais s’embrasa et Sémélé tomba foudroyée par les éclairs de son amant. Zeus prit l’enfant qu’elle portait en elle, le cousit sur sa cuisse et l’en sortit au bout de 3 mois.

Dionysos bondit de la cuisse de Zeus et est recueilli par Hermès

Dionysos bondit de la cuisse de Zeus et est recueilli par Hermès

Bas-relief antique. Rome, Musée du Vatican

 Dans les poèmes orphiques, la théogonie d’Hésiode, sa genèse est toute autre. Dionysos-Zagreus est le fils de Perséphon et Zeus. Ils relatent notamment un épisode de son enfance. Héra, jalouse, demande aux Titans de se débarrasser du nouveau-né. Dionysos assit sur le trône de son père, joue avec un miroir offert par les Titans, où il découvrit son image. Ils le tuèrent, le dépecèrent, le cuisirent dans une marmite et le mangèrent. Les Titans s’en sentirent coupables et furent frappés par la foudre de Zeus. L’humanité serait née de leurs cendres. Athéna ramasse son cœur et le donne à Zeus qui en féconde ensuite Sémélé.

Dans les deux cas Dionysos connaît deux naissances, ce qui explique l’une de ses épithètes, δίογονος / díogonos, « le deux fois né ».

L’enfance de Dionysos chez les Nymphes

Poursuivit par sa femme, Zeus emmena Dionysos loin de Grèce, en pays de Nisa, soit en Asie, soit en Afrique. Il le confia aux nymphes qui l’élevèrent. Adulte, Dionysos découvrit la vigne, mais poursuivit par Héra, il fut frappé de folie. Il erra en Égypte et en Syrie, remonta les côtes de l’Asie jusqu’en Phrygie où la déesse Cybèle l’accueillit. Elle le purifia, l’initia à ses mystères et le délivra de cette folie.


Silène portant Bacchus enfant, Copie Romaine d'une originale hellénistique. Rome, musée du Vatican

Silène portant Bacchus enfant,

Copie Romaine d’une originale hellénistique. Rome, musée du Vatican

La Thrace

Arrivé en Thrace, le roi régnant Lycurgue se montra hostile à sa venue et tenta de le faire prisonnier. Dionysos réussit à s’échapper chez Thétis, la Néréide, qui lui offrit l’asile dans la mer. Lysurgue captura les Bacchantes qui l’escortaient. Elles furent miraculeusement sauvées et Lysurgue fut frappé de folie. Il se coupa la jambe et tailla son fils à coup de hache, croyant abattre de la vigne, plante sacrée de Dionysos, son ennemi. Lorsqu’il revient à lui, il se rendit compte de son geste et sa terre était frappée de stérilité. L’Oracle révéla que seul la mort de Lysurgue calmerait la colère du dieu. Il fut écartelé par quatre chevaux.

Coupe de Lycurgue, Le roi est emprisonné par la ménade Ambrosie métamorphosée en vigne. Bas-Empire romain. London, British Museum

Coupe de Lycurgue, Le roi est emprisonné par la ménade Ambrosie métamorphosée en vigne.

Bas-Empire romain. London, British Museum – que vous pouvez voir aussi ici

 

La conquête de l’Inde par Dionysos

Dionysos quitta ensuite la Thrace pour gagner l’Inde. Il soumet le territoire lors d’une conquête armée enchanteresse. Cet épisode donne l’origine du cortège triomphal, un char attelé par des panthères et orné de pampres et de lierre, accompagné des Silènes, des Bacchantes, des Satyres et autres comme Priape, dieu de Lampsaque.

 

Mosaïque de la maison de Dionysos de Paphos, Chypre

Mosaïque de la maison de Dionysos de Paphos, Chypre

 Les Ménades, les furieuses, sont les suivantes de Dionysos. Elles l’accompagnent dans ses périples, notamment son voyage vers l’Inde. Suivantes, elles ne sont pas des prêtresses mais elles tiennent une place importante dans la religion et le culte. Elles participent aux mystères et fêtes en l’honneur du dieu. Elles sont vêtues de peaux de lion, la poitrine dénudée, elles portent la thyrse, lance entourée de lierre. Personnifiant les esprits orgiaques de la nature, elles se livrent à des danses frénétiques qui les plongent dans une extase mystique. Certains héros furent victimes de leur force prodigieuse. Les Bacchantes (nom romain des ménades) se conduisent comme des bêtes sauvages et féroces, Orphée fut déchiqueté, Agavé démembre Penthée avec Ino. Leurs pouvoirs ont inspiré de nombreux artistes.

Ménade furieuse portant le thyrse et la nébride, et tenant une panthère, coupe à fond blanc de Macron, v 480 av. J.-C

Ménade furieuse portant le thyrse et la nébride, et tenant une panthère, coupe à fond blanc de Macron,

v 480 av. J.-C. Staatliche Antikensammlungen

 Le retour en Grèce de Dionysos

Traversant la Grèce, Dionysos regagna la terre natale de sa mère, la Béotie. A Thèbes, Penthée successeur de Cadmos, s’opposa à l’introduction des Bacchantes et leurs fêtes : les femmes entraient dans un délire mystique, parcourant les campagnes en poussant des cris rituels. Le roi s’en insurgea, et s’opposa à l’introduction de tels cultes troublant l’ordre. Il fut puni ainsi que sa mère Agavé qui fut frappée de folie et le déchira de ses propres mains.

Agavé et Ino déchiquetant Penthée,couvercle de lékanis, v. 450-425 av. J.-C., musée du Louvre

Agavé et Ino déchiquetant Penthée,

couvercle de lékanis, v. 450-425 av. J.-C., musée du Louvre

Se rendant ensuite à Argos, le roi Proetos refusant de l’accueillir, démontra toute sa puissance en frappant de folie furieuse ses filles ainsi que toutes les femmes du pays. Elles traversèrent les campagnes en poussant des mugissements et dévorèrent leurs enfants au sein. Dionysos voulut se rendre à Naxos, il demanda à des tyrrhéniens qui acceptèrent de l’y conduire. Mais le navire prit la direction de l’Asie, les tyrrhéniens ayant dans l’idée de le vendre comme esclave. Dionysos immobilisa le navire en le remplissant de lierre, transforma les avirons en serpents, fit retenir des sons stridents de flûtes. Les pirates devenus fous plongèrent dans la mer où ils se métamorphosèrent en dauphins.

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les pirates tyrrhéniens, Hydrie étrusque à figure noire, vers 510-500 av. J.-C., Toledo, museum of Art

Les pirates tyrrhéniens, Hydrie étrusque à figure noire,

vers 510-500 av. J.-C., Toledo, museum of Art

Des Enfers vers l’Olympe

La puissance de Dionysos reconnu de tous, le Dieu put alors remonter dans l’Olympe pour y être reçu par l’assemblée de dieux. Lors de son voyage vers l’Olympe, à Naxos, il enleva Ariane endormie, abandonnée par Thésée, il l’épousa et l’emmena avec lui.

Dionysos rencontre Ariane endormie. Sarcophage Vers 230-235 ap J.-C. Paris, musée du Louvre

Dionysos rencontre Ariane endormie. Sarcophage,

Vers 230-235 ap J.-C. Paris, musée du Louvre

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