Les dieux grecs immobiles, Apollon, Zeus et les autres 2


Reconstitution Temple de Zeus -  Olympie

 

Le temple de Zeus a Olympie,  entre 472 et 457 , est le grand chantier de l’époque pré classique. C’est le plus grand temple du Péloponnèse avec un périptère (entouré de colonnades). Plusieurs dieux grecs y figurent.

C’est aussi un bon exemple pour montrer la conception de la puissance divine chez les grecs, puissance qui ne réclame pas une action apparente, pour montrer que les dieux grecs sont immobiles, mais pas impuissants …

Si l’on prend l’exemple du fronton Est qui représente la préparation de la course de char entre Pélops et Oenomanos.

 (cliquez pour agrandir, comme toujours)

Zeus est représenté au centre,  en style classique et parfaitement immobile. Invisible aux protagonistes, il domine, la scène, en position, en taille, en pouvoir. A droite, devant Oenomaos, un oracle sait que son maitre va mourir. On remarque sa bouche entrouverte et une ride d’expression sur le front, chose rare dans la statuaire grecque de cette période, et qui fait contraste avec le grand calme du dieu.

Oracle - Temple Zeus - Olympie

 

Le fronton Ouest, quant à lui, représente le combat des Lapithes contre les centaures. Les centaures sont ivres et se jettent sur l’assistance lors d’un banquet de noces.

 

Fronton ouest du temple de Zeus  - Olympie

 

Ici encore, beaucoup de (vaine) passion, notamment avec ce centaure, une main posé sur le sein d’une convive

Centaure et femme lapite - temple de Zeus - Olympie

 

Apollon est au centre. Il représente l’ordre et de l’harmonie. Il tend seulement le bras. A partir de ce geste, le combat va s’interrompre, les grecs seront vainqueurs.

Ces représentations divines illustrent parfaitement le texte de Francis Prost sur l’immobilisme et pourtant la grande puissance des dieux pour les contemporains dans la Grèce antique  (« Gestes des hommes, gestes des Dieux » dans le recueil « L’expression des corps », PUF)

La réserve, l’absence de passion, l’expression neutre du dieu viennent contrebalancer son geste parcimonieux dans les affaires terrestres, comme si cette calme simplicité était destinée, au milieu des violences et du chaos, à exprimer une puissance incommensurable.

 

Le temple s’illustre aussi par une série de métopes, figurant les douze exploits d’Hercule (par ailleurs fils de Zeus).

 

 

Athéna apparait sur plusieurs métopes (1,3, 10, 12)  et l’ensemble est  marqué par l’alternance de scènes calmes et de scènes violentes. Un geste exceptionnel d’une divinité est montré encore sur le métope n°10, lorsqu’ Athéna aide Atlas a soutenir le fardeau qu’Hercule lui présente.

Métope Athena, Atlas et Hercule

 

Bien sûr, dans une centauromachie (tout comme pour les amazonomachies ou gigantomachies), les dieux sont montrés au plus fort du combat contre les géants. Mais ce n’est que pour mieux retourner à une grande paix ensuite.

Une autre démonstration de la puissance divine est faite avec la statue du temple. La statue du Zeus trônant, attribuée au  sculteur Phidias était située dans un espace très exigue au vu des dimensions de la statue.

Reconstitution Zeus dans le temple - Olympie

Statue de Zeus

Maquette Temple de Zeus Olympie - Louvre

 

Bien plus tard,  Strabon, nous racontera encore, dans sa Géographie (Livre VIII, l’Elide) comment l’on pouvait perçevoir, pourtant, l’ethos (le tempérament, la manière d’être) de la statue divine.

… mais ce qu’il renfermait d’incomparable c’était cette autre statue de Jupiter, due au ciseau de Phidias, fils de Charmidas, l’Athénien : elle était en ivoire et de telle dimension que, malgré l’extrême élévation du temple, l’artiste semblait avoir dans son oeuvre excédé les justes proportions. Le Dieu, en effet, bien que représenté assis, touchait presque le plafond de la tête, et l’on ne pouvait s’empêcher de penser en le voyant que, s’il se fût dressé de toute sa hauteur, il eût soulevé le toit ce l’édifice.


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