La période Yayoi : Dotaku et Kamekan 1


Contexte de la période Yayoi

La culture de Jômon disparait progressivement à partir de 300 av. J.-C. Bien que le néolithique japonais perdure dans certaines régions du fait de leur caractère isolé, la période Yayoi va prendre place jusqu’en 250 ap. J.-C.

De nouveaux groupe humains arrivent de la Corée qui apportent la riziculture inondée, le travail du bronze et du fer (arrivés en même temps !) et des contacts avec la Chine. La riziculture va permettre à la population de se regrouper en village. Certains centres sont très importants comme dans la région d’Osaka et de Nara.

Yayoi - Arrière d’une grenier, Village Otsu

Une hiérarchisation de la société se met en place avec l’apparition d’une classe dominante. Les maisons sont carrées ou ovales, les faces de l’édifice sont couvertes de bois et la toiture est en toit de chaume. Si les demeures sont à moitié enterrées, les greniers sont sur pilotis pour protéger les récoltes. C’est une période avec de nombreux conflits : on a découvert des tombes dont les corps ont encore des pointes de flèches fichées et les archéologues ont aussi mis en évidence la présence de structures défensives.

Le bronze fait son apparition sous l’aspect d’objets manufacturés importés dans un premier temps, puis la fabrication est locale avec du métal importé. Les moules utilisés sont en pierre, bivalves. Les objets en bronze sont tout destinés à des fins rituelles.

Les Dotaku de la période Yayoi

Yayoi - Dotaku découvert à Uzumirdai, ville de Kobe, IIe - Ier siècle BC, Tokyo National MuseumDotaku découvert à Uzumirdai, ville de Kobe, IIe – Ier siècle av. J-C, Tokyo National Museum.

Plus de 400 de ces cloches en bronze ou Dotaku ont été découvert dans le Japon de l’Ouest. Elles n’ont aucun battant intérieur. Leur fonction est donc d’être seulement des objets cérémoniels, qui pourraient avoir été associés des rites agraires au moment de récoltes de riz. Les Dotaku sont en effet souvent enterrées au bord des terrains fertiles. Et si ces dotaku ont été joué un jour, cela a peut être ressemblé à ceci …

Les Dotaku sont réalisés dans un moule bivalve et assemblés autour d’un noyau central. Au fil du temps, le décor ne cesse de s’enrichir, l’anse est de plus en plus protubérante et les arêtes vont s’amincir. Vu l’importance de l’anse, et sa faible épaisseur, il est impossible que l’objet ait été suspendu ; l’anneau de suspension perd sa fonction pour devenir un élément de décor. Pour les exemples tardifs il est possible de trouver des scènes zoomorphes ou anthropomorphes. Parmi les éléments typiques, on notera :

  • Protubérances semi-circulaires groupées par deux.
  • Décor à motifs géométriques.
  • Motif en dents de scie qui anime la surface de l’objet.

Durant cette période Yayoi, la hiérarchisation de la société va aussi se traduire par différents modes d’inhumation et des signes de pouvoir matériel. Par exemple les Magatama, ces bijoux de pierres polies qui prennent à cette période une forme standardisée, en forme de virgule, percés car portés. Ou bien encore les miroirs en bronze par exemple : seuls les chefs les possèdent, ils leur accordent un pouvoir magique et se font enterrer avec.

Yayoi - MagatamaQuelques Magatama

Les Kamekan

Yayoi - Jarre Kamekan

La période Yayoi se caractérise aussi par les Kamekan. Ce sont des « jarres cercueils » qui sont soit disposées deux à deux, ouverture contre ouverture, soit seules fermées par un couvercle de bois. A l’intérieur, on dispose le corps du défunt. Ces Kamekan sont disposés dans des champs funéraires. C’est la sépulture du petit peuple. Dans la plupart des cas on a une absence de mobilier, même si on a découvert dans certaines urnes des miroirs de Chine, des armes ou des perles.

Les personnes les plus importantes sont inhumés dans des tumulus. Au 3ème siècle ap. J.-C., on observe l’apparition de tertres de grandes dimensions, à distance des habitations. Ces tertres deviennent un trait essentiel de la période suivante : la période des grandes sépultures, la période Kofun

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