Les Haniwa de la période Kofun


Les types de Haniwa

Les Haniwa sont indissociables de la période Kofun. Il s’agit principalement de figurines anthropomorphes ou  zoomorphes en terre cuite, à vocation funéraire. Les Haniwa présentent en réalité un répertoire formel extrêmement varié : les premiers s’apparentaient à des objets de forme tubulaire. Ils sont percés et portent des motifs géométriques incisés sans beaucoup de décors. A partir de la seconde moitié du 4ème siècle, on observe une diversification plus importante avec l’apparition de formes plus symboliques : des maisons, des boucliers, ou des parasols. Les pièces anthropomorphes sont très variées, notamment dans les coiffes portées, mais pourtant avec une constante : les yeux et la bouche sont toujours matérialisés par de simples ouvertures.

Kofun - Haniwa en forme de guerrier, fin de la période des Kofun

Haniwa en forme de guerrier, fin de la période des Kofun, musée Guimet.

Les Haniwa sont disposés au départ tout autour des tertres funéraires, en cercle ou alignés, suivant un ordre établi. Les pièces ne seront pas seulement déposées au sommet de la partie circulaire du tumulus, mais aussi à l’entrée et à l’intérieur de la chambre funéraire. On va bientôt disposer les Haniwa en véritables scènes commémoratives du défunt, sur les gradins du tumulus,

Kofun - ensemble d'Haniwa sur le tumulusTumulus avec composition de Haniwa

Dans ce répertoire, nous l’avons dit, les guerriers sont bien représentés mais d’autres types de personnages peuvent être également figurés, comme des danseurs, des musiciens, des serviteurs. A partir de la seconde moitié du 6ème siècle ap. J.-C., les figures ne sont plus isolées mais en groupe.

Les Haniwa vont progressivement disparaitre entre la fin du 6ème et le début du 7ème siècle après J.-C. avec le changement du mode d’inhumation et la disparition des kofun tumulus.

Fabrication des Haniwa

Les Haniwa sont en terre cuite et sont des pièces creuses

  • D’abord les pièces sont montées au colombin : on superpose des cordons d’argile de 3 à 4 cm de section, enroulés sur eux-mêmes,
  • Au moment du séchage un tissu humide est appliqué sur la lèvre de l’objet pour disposer le colombin suivant,
  • Après le séchage d’un niveau, la même procédure est reprise pour chaque niveau suivant,
  • L’ensemble est lissé, cette base est montée jusqu’à la hauteur souhaitée,
  • Une fois que la pièce est montée, le décor est appliqué au peigne ou à la pointe,
  • Une fois que la pièce est séchée, elle est cuite.

Une variante existe avec l’utilisation de plaques d’argile roulées pour obtenir des éléments tubulaires (par exemple pour obtenir les jambes des chevaux). Ces éléments sont ensuite assemblées et lissées avec l’usage de barbotine. Pour les éléments décoratifs, on utilise encore les boudins d’agile.

Quelques œuvres

Kofun de Mukadezuka, Haniwa - première moitié VIe siècleHaniwa tubulaire, percé, avec motif géométrique, début de l’époque Kofun

Kofun - Guerrier en armure lamellaire, préfecture de GunmaHaniwa Guerrier en armure lamellaire, préfecture de Gunma, trésor national.

L’armure pourrait être l’ancêtre des armures modernes. Elle est constituée d’un très grand nombre de pièces, comme des écailles, associées par laçage. Le guerrier porte un casque à crête avec des garde-joues et un couvre nuque. Il porte également des gantelets de protection, une épée, un arc et un carquois.

Kofun - Haniwa décoré de trois jeunes femmes, Watanuki Kannonyma, préfecture de Gunma, fin époque des KofunHaniwa avec trois jeunes femmes, préfecture de Gunma, fin époque des Kofun.

Les trois jeunes femmes reposent sur un socle commun. Les cheveux sont figurés par une coiffe en forme de disque. La bouche et les yeux sont encore une fois des fentes. Elles portent des tuniques lacées et nouées.

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