La glacière de Terqa en Mésopotamie


Lors de notre dernier cours, mention a été faite d’une glacière construite à Terqa, Mésopotamie, a près de 200 km, par fleuve, des monts de l’Anatolie. Cette glacière aurait servi a refroidir par exemple les boissons servies dans les palais de Terqa !
Tablette de Zimri-Lim roi de Mari
Tablette de Zimri-Lim, roi de Mari, sur la fondation d’une glacière à Terqa
Il n’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité et voir si et comment on pouvait vraiment faire une glacière sous ces latitudes et à cette époque, et transiter/conserver de la glace sous le soleil mésopotamien, même hivernal. On imagine des caravanes descendant les pentes enneigées avant d’entreposer cette glace dans des bateaux qui descendent le fleuve sur 200 km, puis enfin un stockage suffisamment bien conçu pour conserver la glace sous le soleil irakien. Afin de s’en servir quand il fait chaud ….
La météo me dit qu’aujourd’hui il fait tout de même 25° à Bagdad pour une fin octobre/début novembre ….
Résultat : le mystère reste entier (j’ai l’impression que ce blog finalement raconte plus mes interrogations que des connaissances établies ….)
Quelques documents que j’ai consulté ….
La thèse de Hassan Abdulhak, « L’architecture royale en Mésopotamie à la fin du Bronze Ancien et au Bronze Moyen (de l’époque de la Troisième Dynastie d’Ur, à l’époque paléobabylonienne).
Bien qu’il fournisse beaucoup de détails sur l’architecture et l’organisation interne des palais mésopotamiens, aucune mention de glacière. Il parle plutôt d’un refroidissement par un autre procédé.
  • « De grands pots d’une forme différente furent retrouvés dans le palais du Tuttul. D’après les fouilleurs, ceux-ci étaient déposés sur des étagères du bois, attribuées aux réserves d’eau. L’eau était refroidie par la vaporisation sur la base d’une paroi poreuse du récipient. »

Une communication de Jean Nougayrol (disponible sur le serveur Persée), la plus intéressante sur cette question. Il s’interroge d’abord sur la traduction de la tablette et de texte associé. La fonction du bâtiment, traduite par « maison du suripu », pose la question de ce qu’est le suripu. Ce pourrait être de la glace, mais ne parvenant pas non plus à admettre le procédé (concassage, puis arrosage léger par temps froid pour favoriser sa reprise en bloc, plus favorable à la conservation)

… Il finit par pousser l’hypothèse d’un « suripu » qui serait … du sel gemme !

Un commentaire ?