Les mains dans la prière 1


orant de larsa
Orant de Larsa, vers -1750

« Un orant désigne, dans l’art religieux, un personnage représenté dans une attitude de prière, souvent agenouillé » (Wikipedia)

Pour une même civilisation, on ne prie pas forcément de la même façon, surtout quand celle ci s’étire sur tout le croissant fertile (de l’Iran ouest jusqu’en Palestine) et sur plusieurs millénaires. Par ailleurs quelques dieux traversent ces différentes régions et périodes mais le panthéon est très varié.

Il en va de même pour les gestes de prières, quand on s’attarde sur l’étude de la statuaire. L’occasion de vous faire découvrir encore quelques belles pièces 🙂
Les mains jointes

A Mari (Syrie actuelle), vers -2450, l’intendant Ebil-il esquisse un léger sourire, et se dévoile souriant et serein dans sa foi.
Intendant Ebih-Il
A Lagash (Sud Irak actuel), vers -2120, le prince Gudea, dont le nom signifie l’Appelé, attachait une grande importance à son image. On peut voir un grand nombre de statues de Gudea au Louvre. Le souverain est vêtu comme toujours d’une robe en tissu fin bordée de frange, avec l’épaule droite dégagé.
Lagash Gudea
Suze, à la limite de l’Iran et de l’Irak actuels, a fourni beaucoup de statuettes d’orantes pour l’époque située vers -3300. Ces statuettes presentent toute le même canon avec les mains jointes. Mais les bras sont décollés du corps, les deux derniers doigts sont entrecroisés et les pouces se rejoignent sous le menton.
La main devant la bouche
Vous connaissez peut être le « code d’Hammurabi », un des premiers recueil de lois de l’humanité. Sur la stèle qui le porte, en tête, figure une représentation du roi (à gauche), la main droite levée devant la bouche en signe de respect ou de prière devant le dieu Shamash, à droite. C’est sans doute lui aussi qui est « l’Orant de Larsa » (en première image de ce billet)
Hammurabi

Hammurabi

Hammurabi, Babylone, vers -1750.
Le pointage de l’index
Enfin, plus original, j’ai relevé la pratique (au moins) assyrienne (Nord de l’Irak actuel) qui consiste à littéralement montrer le Dieu du doigt. Une des représentations les plus connues est la Stèle de Shamshi-Adad, vers -823
Shamshi-Adad
Plus extraordinaire, le socle cultuel du roi Tukulti-Ninurta 1er,  vers – 1243, reprend ce geste. Mais le roi (à gauche) n’est plus en prière devant une divinité dans une attitude figée. Au contraire il se dirige vers elle et ce déplacement est montré par l’artiste par les deux représentations du même personnage.  Il s’agit de la  première représentation qui équivaut a une narration.
Tukulti-Ninurta

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