Représentations de femmes dans l’art du Proche Orient antique – Les déesses


Il est des débats racoleurs, que l’on a toujours connu, que tout un chacun ne cesse d’alimenter par ses propos ou par son attitude personnelle. L’un de ceux qui animent les orientalistes en herbe est celui de la signification des représentations de femmes aux époques anciennes. Quel élève de l’École ne s’est pas vu imposer comme cliché, en plein T.D.O., une idole halafienne bien cachée dans la vitrine de la première salle du département ? Vous savez celle qui jette un œil à la supposée déesse de la « face mythologique » de la stèle des vautours, dans la salle juste après l’escalator, remplie de touristes en quête du code d’Hammourabi.

Aussi nous ne saurons être taxés de révisionnisme en tentant une lecture thématique des vestiges laissés par les peuples orientaux au cours des siècles allant de la période Néolithique à l’époque de l’empire néo-assyrien. Les représentations de femmes y sont rares et caractéristiques d’une société en création dont la préoccupation essentielle et durable est la survie du groupe humain et la maîtrise des moyens de subsistance. Cependant il ne faut pas s’arrêter à ce premier degré de lecture qui consisterait à calquer les angoisses des Hommes sur toute œuvre d’art contemporaine.
Il apparaît de façon évidente que l’image de la femme revêt trois aspects : celui de la divinité, celui de l’épouse de famille royale et, enfin, celui de la femme ordinaire et anonyme (à suivre après ce premier billet).

Souvenez-vous de vos interrogations face à une reproduction des intérieurs des maisons de l’antique Çatal Hüyük.

 

Çatal Hüyük

 

Des bucranes sortant des murs étaient visiblement superposés telles de belles appliques murales proéminentes produites par un grand atelier d’ameublement suédois. Mais au-dessus de ces haut-relief animaliers vieux de neuf milles ans vous vous souvenez peut-être avoir vu une femme, membres tendus, dans la position de l’enfantement. Juste sous son corps, réalisé en bottes de roseaux enduites, une tête animale apparaît tel le nouvel être vivant venant au monde. Cette divinité féminine semble ainsi tirer toute sa puissance de son caractère fécond. Il est essentiel de relever certains détails : l’être que la femme enfante est un animal, notre divinité féminine semble donc régner sur le monde animal. Au-delà il faut bien observer qu’ici le principe féminin est incarné sous des traits anthropomorphes alors que le principe masculin emprunte la voie zoomorphe. J. Cauvin et J. D. Forest ne reviennent pas sur ce paradoxe des représentations symboliques en fondant le mythique couple « Femme-Taureau » mais s’en servent au contraire dans une théorie asymétrique, par nature, de complémentarité des sexes au registre symbolique. Une figurine retrouvée à Çatal Hüyük illustre le même principe, une femme est assise sur un siège dont les accoudoirs sont formés de félins. Elle est en train de donner naissance à un être. Ce type de figurines a connu un développement important au Néolithique, on en connaît différents types au Proche-Orient. Elles font écho à la fameuse « Mère Terrible » retrouvée à Munhata et datée vers 5500 avant notre ère.

Mère Terrible retrouvée à Munhata
Quelques millénaires plus tard, au VIII° millénaire avant notre ère, des figurines aux caractères sexuels marqués, les bras incurvés sous les seins, comme soutenant une lourde poitrine, sont modelées et peintes dans l’argile mésopotamienne.

Halaf

Les figurines féminines de la culture de Halaf aux seins lourds et aux cuisses proéminentes se rencontrent dans le Taurus, en Syrie, en Iran et dans le Kurdistan. Egalement représentées pour incarner la « fécondité du principe créateur », selon J. D. Forest, les idoles halafiennes sont peintes, marquées de stries interprétées comme des parures, des vêtements ou encore des tatouages, sur les cuisses.

Les représentations féminines les plus récentes de la période néolithique semblent confirmer la caractéristique de ce type d’œuvres : la femme est l’incarnation de la fécondité, son pouvoir se cristallise dans l’enfantement. Dans le Sud du Levant, près de la ville de Beersheba, les habitants du Néguev ont taillés des statuettes dans l’ivoire d’hippopotame. Au milieu du IV° millénaire avant notre ère cette région devient le lieu d’expérimentation de nouveaux artisanats spécialisés, celui de la taille de l’ivoire y connaîtra une faveur particulière. Des représentations masculines et féminines ont été trouvées dans les débris d’un atelier de l’antique Safadi.

Statuette de personnage masculin

L’homme, qui porte un étui pénien, était accompagné d’une représentation de femme vraisemblablement enceinte. Ces deux statuettes conservées à Jérusalem sont de formes allongées et portent les traces des outils qui ont servis à les façonner, de facture similaire elles appartiennent à la même culture. Sommes-nous face à une autre illustration symbolique d’un couple dont la fécondité serait mise en valeur par la rotondité de l’abdomen féminin et la vigueur du sexe masculin ? On constatera par ailleurs que le triangle pubien de la demoiselle est piqueté, indiquant des incrustations de bitume, suggérant la pilosité. Le même procédé est visible sur la partie inférieure du visage de l’homme. La longueur des cuisses féminines paraît disproportionnée par rapport à la taille des mollets. Tous ces éléments indiqueraient une volonté d’insister sur les caractères sexuels des deux êtres représentés. Bien que visible au premier coup d’œil l’interprétation d’une telle mise en valeur reste ouverte.

La transition ménagée par la période chalcolithique mène à la période proto-urbaine. Des figurines ophidiennes ont été trouvées dans le Sud du pays d’Obeid à la veille du VI° millénaire avant notre ère, leur signification a été prouvée car l’une d’elle portait un enfant dans ses bras. Mais tout change à partir de l’époque qui va nous intéresser à présent, les figurines de divinités féminines disparaissent. Les premières villes se démarquent par certains éléments : la taille des communautés humaines augmente. L’inventivité architecturale est visible et l’organisation générale de l’espace au sein de la ville peut désormais être qualifié d’urbanisme, une phase de réflexion globale préexiste à la phase de fondation et de construction des bâtiments. Des instruments de gestion, de calcul et d’écriture font leur apparition, ainsi on voit se créer les premières bulles à calculi, sceaux-cylindres et ébauches d’écritures. Parallèlement à ces avancées une figure d’autorité fait son apparition, elle dirige la vie politique naissante et la vie religieuse. Par ces deux biais une première structuration du groupe humain, on ne peut décemment pas parler de hiérarchie socio-économique à cette époque, a lieu. Ce roi-prêtre est reconnaissable à son serre-tête et sa jupe quadrillé, il incarne l’autorité morale et acquerra son caractère proprement religieux au cours de la période.

roi prêtre
Aussi connue sous le nom de période urukéenne l’Histoire du IV° millénaire et des premières villes du Proche Orient peut se comprendre à partir de l’exemple de la cité d’Uruk. Sur le grand vase de culte retrouvé dans cette ville on peut voir, illustrée en registres, les étapes de préparation d’une grande cérémonie. Les motifs végétaux précèdent les motifs animaliers qui sont dominés par des registres ornés de petits êtres humains affairés. Le roi-prêtre se prépare à la cérémonie la plus importante qui soit : l’union sacrée entre l’autorité humaine et l’autorité divine. Le premier est incarné par le roi-prêtre tandis que le rôle de la seconde est tenu par la déesse Inanna. Le grand vase de culte d’Uruk illustre donc le prélude à l’union charnelle qui assurera prospérité à la cité. Et la cité d’Uruk témoigne particulièrement bien de la toute-puissance de la déesse de la fertilité, gardienne du troupeau sacré. La ville a été divisée en deux quartiers, d’une part on trouvait l’Eanna consacré à cette déesse et comportant un temple à sa gloire, d’autre part on trouvait un second quartier consacré à Anu, le dieu du ciel. A la période suivante Uruk sera rasée mais la prééminence de la déesse dans les croyances locales semble avoir été conservée car après la reconstruction de la ville on constate l’aménagement d’une terrasse cultuelle avec un sanctuaire, le tout dédié à Inanna.
Inanna, divinité féminine, détient le pouvoir de faire régner ou non la prospérité sur les Hommes, les champs et les troupeaux. Et elle invite le seul homme appartenant à un rang suffisamment élevé, en la personne du roi-prêtre, à s’unir à elle pour le bien de l’Humanité. Au sommet des croyances, des craintes et du pouvoir on trouve bien cette déesse. Des évocations plus subtiles de son caractère fertile et de sa présence sont à repérer sur les sceaux-cylindres de la période où des serviteurs munis de branches nourrissent les troupeaux sacrés de la déesse. Ces derniers sont encadrés de part et d’autre par des hampes courbes dont l’objet est de signifier le domaine d’Inanna.

Après l’installation des premières villes les cités s’agrandissent, la structure hiérarchique des sociétés est de plus en plus marquée et de véritables réseaux de cités-Etats s’établissent pendant la période des Dynasties Archaïques. Les guerres pour la conquête de territoires sont alors fréquentes et c’est grâce à une très grande stèle commémorant la victoire du roi Eannatum, souverain de l’Etat de Lagash, sur les gens de la cité d’Umma que nous pouvons voir la violence des combats. Sculpté sur ses deux faces et sur les tranches ce chef d’œuvre de la civilisation sumérienne est le support d’un des premiers textes littéraires écrit en langue sumérienne et en écriture cunéiforme. Par convention on a attribué une « face historique » et une « face mythologique » en fonction des sujets représentés. Sur la face mythologique une divinité féminine se tient debout sur chacun des registres. Elle porte une coiffe complexe entourée d’une paire de cornes, composée d’un masque central à tête de lion et surmontée d’un croissant entouré de plumes ou de rameaux végétaux. Des masses d’armes sortent de ses épaules. Etant fragmentaire il est difficile d’identifier les protagonistes et d’interpréter cette face de la stèle. La déesse se trouve derrière un dieu de grande taille, barbu. Il tient l’aigle Anzu et un filet rempli d’ennemis d’une main tandis que de l’autre main il les frappe de sa masse d’armes. Ces éléments semblent permettre d’identifier Ningirsu, le dieu tutélaire de la cité de Lagash. Dès lors on a avancé l’hypothèse selon laquelle Ningirsu est représenté en compagnie de sa mère, Ninhursag qui captura l’aigle Anzu et l’offrit à son fils, l’animal est devenu son emblème. Le dieu de la cité accomplit la malédiction à l’encontre des ennemis venus d’Umma et édictée dans le texte gravé sur la stèle. Ainsi le dieu, avec la légitimation de sa mère, est remercié pour sa contribution décisive dans la bataille des gens de Lagash contre leurs ennemis frontaliers.

Entre les deux périodes de domination sumérienne la Mésopotamie et ses environs ont été assiégés par les akkadiens. Les règnes des rois akkadiens s’étendent de 2340 à 2200 avant notre ère. Malgré la durée modeste de cette hégémonie le peuple akkadien a profondément marqués la civilisation et l’art du Proche Orient. Il n’y a pas lieu ici de revenir en détails sur l’organisation de la société akkadienne, ses fondements politico-religieux ou encore la piété exacerbée des souverains et ses représentations grandioses avec les statues de diorite. Néanmoins il convient de redire que c’est avec la domination d’Akkad que se fixent définitivement la représentation des dieux sur les sceaux-cylindres ou les stèles de victoire, ils portent des coiffes avec plusieurs paires de cornes, généralement quatre, et chaque divinité se voit attribuer une apparence humaine ou animale spécifique. C’est un empire qui s’installe, la grandeur de sa domination dépend de la toute-puissance du souverain et de l’unification des croyances. Il faut dépasser les particularismes locaux et avec eux la ferveur envers les dieux tutélaires des cités-états passées.
Le répertoire de la glyptique akkadienne trouve son inspiration dans les thèmes religieux. Ainsi la déesse Ishtar, associée à l’Inanna sumérienne, est ailée, à demi-nue on peut voir des masses d’armes sortir de ses épaules. Cette déesse guerrière est présente dans les représentations du mythe de la Grande Epiphanie des dieux et dans des combats mythologiques mettant en scène le déclin et la renaissance de la végétation.
Déesse Ishtar

Sur le sceau du scribe Adda Inanna/Ishtar figure en place centrale. Elle est accompagnée d’Usmu, l’intendant du dieu des flots Ea, sortant de la montagne comme chaque matin. A droite on peut voir Ea entouré de flots poissonneux jaillissants de son corps. La personnalité de la déesse est double : reprenant la tradition sumérienne de la pacifique Inanna elle porte un régime de dattes afin de signifier son caractère fécond. Mais incarnant également la sémitique Ishtar, déesse astrale, incarnation de l’étoile de Vénus, et guerrière elle porte des ailes ainsi que des haches et des têtes de masses sortant de ses épaules. L’intervention de ces divins protagonistes a pour résultat la renaissance de la végétation comme en témoigne le petit arbre qui émerge de la montagne.

Sur d’autres sceaux les scènes de combats mythologiques ou de Grande Epiphanie des dieux laissent place à d’autres thèmes : scènes de présentation et d’intercession.

Présentation et d’intercession

Le souverain terrestre est présenté à son dieu protecteur ou bien il s’adresse à lui par l’intermédiaire des déesses Lama. Ces dernières sont reconnaissables à leur geste caractéristique : elles lèvent les bras vers le ciel, vers la divinité à laquelle il est fait appel, leurs paumes tournées vers l’extérieur. Les déesses Lama intercèdent en faveur d’un fidèle auprès d’une divinité majeure. Elles symbolisent le lien entre le monde terrestre et le monde divin et ont un rôle religieux essentiel. C’est surtout à l’époque néo-sumérienne que l’on trouvera ce type de scènes. On retrouve ce type de scènes d’intercession sur une des peintures murales du palais de Mari. Celle-ci datant du XIX° siècle avant notre ère a été commanditée par le roi Zimri Lin de la dynastie kassite qui dominait alors la Babylonie. Non loin de la maquette du palais, dans les salles d’exposition du musée du Louvre, on distingue une déesse de type Lama sur la peinture de l’Investiture.

Peinture de l’Investiture
La suite est décisive, au cours de la période de renaissance que connaîtra la civilisation sumérienne, après 2200 avant notre ère, l’héritage des akkadiens se fait sentir. Certaines caractéristiques de représentation des divinités vues au moment des Dynasties Archaïques se sont approfondies et les divinités féminines se multiplient comme en témoigne la statue de Narundi.

Statue de Narundi

Sous le règne de Puzur Inshushinak la production de statues de grandes dimensions en calcaire est relancée par les ateliers royaux. Compte tenu du mauvais état du visage de la statue on a supposé qu’elle portait un masque incrusté en matériau précieux. Certains s’accordent à penser que cette statue de déesse assise sur un trône ornée de lions en diverses positions pourrait bien être un homme. Le port du vêtement à mèches laineuses, majoritairement porté par des hommes à cette époque, abonderait dans ce sens. Cette dernière idée n’a pas été expressément prouvée pour le moment, elle tient lieu de piste de réflexion quant à l’interprétation que l’on pourrait donner à cette œuvre.

Une revue des œuvres du Proche-Orient antique ne serait pas complète sans un détour par les contrées éloignées de la Bactriane ou de l’Oxus. Aussi, pour notre propos, il faut mentionner l’analyse couramment répandue depuis les écrits de H. P. Francfort du fameux duo formé par les « Princesses » de Bactriane et le « Balafré » de l’Oxus.

Princesse de Bactriane

 

Le Balafré

Nous renvoyons à divers ouvrages en bibliographie pour de plus amples détails sur les techniques de fabrication et les interprétations à donner à ces statues. Les « Princesses » en calcite et serpentine seraient des déesses bienfaitrices dont le rôle serait de dominer les « Balafrés » incarnation de dragons. En dominant les « Balafrés », leurs scarifications au visage en seraient la marque, elles réguleraient les flots dont ils sont gardiens. Tour à tour destructeur en retenant les flots pendant la saison sèche puis bienfaiteur en libérant les flots à la saison froide, le « Balafré » serait l’alter ego masculin de la « Princesse ». Cette hypothèse est renforcée par l’inversion dans l’utilisation des matières, le corps des statuettes féminines est fait de calcite et leurs vêtements de serpentine. Cette répartition des matériaux est inversée dans le cas des « Balafrés » dont le vêtement est réalisé en calcite. Par ailleurs aucune statuette de prince n’a été retrouvée à proximité des « Princesses », aussi il a paru logique à H. P. Francfort de chercher un partenaire masculin à ces demoiselles esseulées. Cependant il n’existe que quatre exemplaires de statues de « Balafré » et davantage d’exemplaires de statues de « Princesses ». Connaître le lieu de provenance de ces œuvres nous aurait aidés à établir ou infirmer un lien entre les protagonistes de ces théories mais la plupart ont été acquises sur le marché de l’art ou bien reconstituées après le rassemblement de matériel de fouilles menées dans les régions afghanes et iraniennes. Nombreux sont les débats animés à propos de ce supposé couple, comme si un dieu masculin ne pouvait exister, ne saurait être complet, sans son homologue du sexe opposé et inversement. Mais le port du vêtement à mèches laineuses par la « Princesse », d’ailleurs rendu avec une finesse certaine étant donné la dureté de la pierre verte, suggèrerait qu’elle est le portrait d’une personne de haut rang. Ce type de portraits est attesté dans la civilisation élamite contemporaine.

Quelques centaines d’années plus tard alors que les dynasties élamites reprennent puissance et éclat le roi Untash Napirisha fait faire une stèle dont le décor présente des scènes religieuses en présence du souverain.

Stèle Untash Napirisha

Datée du XIV° siècle avant notre ère, elle a été réalisée dans la grande cité de Tchoga Zanbil et a fait partie du butin arraché par Shutruk-Nahhunté aux Igihalkides. Il a rapporté ces trésors à Suse au XII° siècle. Encadré par des serpents symbolisant le monde chthonien le roi est entouré de son épouse, Napir Asu, et de sa mère ou bien de sa seconde épouse U-Tik au deuxième registre. Au troisième registre des déesses-poissons dont la partie inférieure du corps est recouverte d’écailles se regardent, disposées symétriquement à un flot central. Elles tiennent dans leurs mains des flots jaillissants sortant de vases globulaires. Ici on voit bien que la tradition des déesses au rôle nourricier a été poursuivie.
Malgré la diversité des rôles qui leur sont donnés une constante demeure dans la représentation de la femme sous les traits d’une divinité : la déesse incarne la vie, la création, la fécondité des Hommes ou de la Nature. Il faut bien comprendre que les préoccupations liées aux cycles de la Nature, à la préservation des réserves de nourriture et des sources d’eau était essentielle pour les orientaux de cette époque. Parfois elle s’apparente davantage à une prêtresse, comme c’est le cas des déesses Lama. Seule Ishtar déroge à cette généralité et est de nature guerrière incarnant peut-être les visées belliqueuses des voisins d’origine et de cultures différentes. Mais voyons bien que sa personnalité est double : guerrière certes, mais astrale également comme nous l’avons vu avec le sceau du scribe Adda. Dans le domaine religieux il semble donc que tout soit à sa place : la déesse enfante, créé la vie tandis que le dieu combat et détient le pouvoir… A quelques exceptions près comme nous l’avons vu…

Dans un prochain billet nous verrons les représentations de femmes qu’elles soient reines ou femmes anonymes

Bibliographie dans l’ordre des œuvres évoquées

  • Cauvin Jacques, Naissance des divinités, Naissance de l’agriculture. La révolution des symboles au Néolithique, coll. Empreintes de l’Homme, éd. CNRS, Paris 1994 et rééd.
  • J.-D. Forest, « Çatal Höyük et son décor : pour le déchiffrement d’un code symbolique », Anatolia Antiqua, II, Bibliothèque de l’Institut français d’études anatoliennes d’Istanbul, XXXVIII, 1993, pp.1-42.
  • Perrot Jean, « La ‘Vénus’ de Beersheva », Eretz-Israël, 1969, pp. 100-101 et planche XIII.
  • Spycket Agnès, La statuaire du Proche Orient Ancien, Leyde et Cologne, 1981, pp. 21-23.
  • Pierre Amiet, L’art d’Agadé au Musée du Louvre, Paris, 1976 et « Pour une interprétation nouvelle du répertoire iconographique de la glyptique d’Agadé », Revue d’Assyriologie et d’archéologie orientale, 71, 1977, pp. 107-116.
  • Francfort, « The Central Asian Dimension of the Symbolic System in Bactria and Margiana », Antiquity, 68, 1994, pp. 406-418.
  • Benoit Agnès, Les “Princesses” de Bactriane, collection Solo, automne 2010.
  • Pour la stèle d’Untash Napirisha : Mémoires de la Délégation en Perse, volume I, 1900 et volume XII, 1911.

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