Violences et tolérance au 1er millénaire av JC


Têtes coupées en trophées
Têtes coupées en trophées
Deux conceptions du monde illustrées par les bas reliefs. Celle des assyriens (entre -934 à -610) et celle des Perses (-539 a -330).
Les assyriens sont coincés géographiquement dans un triangle dans le nord de la Mésopotamie, sans accès à la mer et exposés de toute part. Ils optent alors pour une stratégie de conquête, prédatrice et très violente sur les syriens, babyloniens, iraniens.
Ils imposent la terreur. On connait le «Je détruisis, je dévastai et je ravageai par le feu;» de Senacherib parlant de la destruction totale qu’il fit de Babylone.Cette terreur est semble t’il explicable par la brièveté des campagnes qui oblige les agresseurs à marquer les esprits pour éviter toute réaction et préparer la prochaine période favorable d’expéditions.

L’art assyrien, et notamment les bas reliefs dans les palais, témoignent de cette culture guerrière. L’art sert alors la propagande en même temps qu’il consigne pour mémoire les évènements vécus : tetes coupées, écorchés vifs, déportation. Les peuples sont présentés comme subissant le joug du vainqueur sans résistance possible. Ces bas reliefs étaient partiellement peints ….
Les leaders de la révolte sont écorchés vifs
Meneurs écorchés vifs
(Un complément du collège de France sur Et pour compléter l’exemple assyrien, voici une communication du collège de France sur « la punition au delà de la mort chez les assyriens »  )

A l’inverse, les Perses, venus de l’Iran actuel, arrivés au pouvoir après une politique de conquête encore plus fructueuse, montrent une approche complètement différente. Les peuples sont «rétablis dans leur demeure», et les Perses témoignent un certain respect des traditions locales, des langues et des dieux des pays mis sous « domination ».

Le cylindre de Cyrus II témoigne de cette posture nouvelle. A propos de la même Babylone à nouveau conquise, le contraste est frappant  : « Ma vaste armée marcha sur Babylone en paix ; je ne permis à personne d’effrayer les peuples de Sumer et d’Akkad. J’ai recherché le bien-être de la ville de Babylone et de tous ses centres sacrés »
Encore plus significatif, le défilé des porteurs de dons de l’Apadana, le palais royal, montre les peuples venus de tous les confins de l’empire, dans leur costume, apportant (annuellement?) les cadeaux au maître de l’Empire
Délégations des peuples de l’empire et leurs cadeaux
Detail of the relief frieze on the East stairway to the Apadana …
Chaque délégation est composé de trois à huit membres et leur chef est mené par la main, par un huissier perse, dans un esprit d’amitié.
Même si certains considère que les notions de tolérance religieuse et des droits de l’homme seraient anachroniques, on ne peut qu’admirer cette gouvernance éclairée qui reste une exception en ces temps lointains.
Pour continuer d’admirer les fresques assyriennes, je vous recommande ce superbe livre

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