La peinture murale domestique dans la Rome antique


Peinture murale romaine - Fresque romaine

 

Après l’architecture, un petit point sur la peinture murale, pariétale, dans la Rome antique.

Celle-ci fait l’objet d’une typologie en 4 styles. Ce classement à été produit par l’archéologue August Mau, qui s’est basé essentiellement sur les découvertes de Pompéi et sur les descriptions données par Vitruve à propos des maisons de Campanie (De architecturae). La limite de l’exercice réside évidemment dans le fait que ces seules sources ne prennent pas suffisamment en compte ce qui se passe ailleurs dans l’empire. Mais malgré les discussions et polémiques sur les datations et les typologies qui ont pu se produire depuis ce classement, il demeure encore.  Voyons de quoi il s’agit

1er style de peinture murale

Peinture murale romaine - Fresque romaine - 2

Offert par exemple à Rome par la maison des griffons. Ce premier style va du deuxième siècle à 80 avJC . Il se caractérise essentiellement par :

  • une peinture murale en trois partie : une plinthe haute, un panneau médian, une corniche
  • une peinture en trompe l’oeil qui évoque des plaquages de marbre de couleur
  • une inspiration de modèles grecs, que l’on retrouve a Pella ou à Delos, notamment dans le « quartier des italiens », fréquenté par les marchands italiens…

 

2ème style de peinture murale

Peinture murale romaine - Fresque romaine - 2eme style

 

Offert par exemple dans la maison de Fannius Synistor, à Boscoreale, dès le milieu du 2eme siècle. Il se caractérise par :

  • un panneau médian complètement illusionniste, présentant des architectures et bâtiments,
  • une influence certaine des décors de théâtres

 

La fameuse Maison des mystères, est aussi typée en deuxième style. Elle date d’environ 60 ap JC. Mais sa fresque la plus célèbre est sa mégalographie (c’est à dire des personnages a peu près grandeur nature),  typique aussi du deuxième style.

 

Peinture murale romaine - Fresque romaine - Villa des mystères

Dans cette maison, la maitresse de maison est plusieurs fois représentée, poursuivie par des ménades, en présence de Dionysos et dans une phase d’initiation occulte

On est clairement ici dans une compétition avec la peinture de chevalet, et dans le souci de mettre le spectateur au même niveau que le décor peint. Un des objectifs est de provoquer la conversation avec les visiteurs sur ce sujet de « culte secret »

Un autre exemple encore est offert par la maison d’Auguste sur le Palatin, autour de 30.

 

Peinture murale romaine - Fresque romaine - Maison d'Auguste

 

Celle ci, relativement modeste par sa surface, ce qui est conforme au modèle tempéré de l’empereur, contient pourtant un décor faste, notamment dans la « chambre des masques » qui montre l’évolution suivi dans le deuxième style. Les panneaux se ferment latéralement, les colonnes sont plus graciles, et au centre des panneaux présentent des paysages bucoliques, comme s’il s’agissait d’un tableau peint, posé entre des architectures.

La Maison de Livie à la Prima Porta (fin du 1er siècle), propose le trompe-l’œil d’un jardin, avec des haies et des arbustes sur un fond de ciel bleu

Peinture murale romaine - Fresque romaine - Maison de Livie Fresque romaine




3ème style de peinture murale

Illustré par le cubiculum de Bostrecase, vers 10 ap. JC, peut être propriété du prince exilé Agrippa Postumus (Musée de Naples et Metropolitan).

Il se caractérise par

  • des panneaux qui deviennent de grandes plages de couleurs. On cherche l’effet chromatique, avec des couleurs très franches, le rouge, le noire, le blanc cassé
  • une architecture encore plus gracile, de style candélabre (peut être influencée par l’orfèvrerie).
  • Pour animer l’ensemble, on ajoute éventuellement, des tiges et des panneaux

La maison de Marcus Lucretius Fronto, daté de 50-60 après JC

 

  • le style à tendance àse transformer au milieu du 1er siècle. Les candélabres et les pilastre fins sont démultipliés, les tableautins rivalisent avec le tableau central
  • Cette sophistication a été jugée parfois sévèrement comme un peu complexe

 

4ème style de peinture murale

Il s’installe à partir des années 60. C’est un style synthétique. Prenons l’exemple de la maison des Vettii à Pompéi, le triclinium en particulier qui présente les figures d’Héracles et de Penthée.

Ici on remarque :

  • les architectures qui réapparaissent dans toute leur profondeur. Elles sont très illusionnistes sur les panneaux latéraux
  • les grand panneaux centraux présentent des tableaux très sophistiqués, de véritables reproductions de peinture de chevalet avec des scènes mythologiques très narratives
  • dans les plinthes sont présentés aussi des tableaux très détaillés, par exemple des amours occupés à une cuisine de banquet

Autre exemple la palestre d’Herculanum donne un exemple de la surcharge du style, avec une architecture comme couverte d’orfèvrerie

 

Peinture murale romaine - Fresque romaine - Palestre d'Herculanum

 

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