Le tumulus de la Reine, à Tarquinia 1


Les recherche ont été menées à partir de 2008 par Alessandro Mandolesi, de l’Université de Turin en collaboration avec le Ministère des biens culturels italiens.

Tarquinia est connue pour ses tombeaux peints. Les grands tumuli étrusques ont peut-être été importés de l’Anatolie mais l’on en connait aussi en Libye. Ces monuments ont la fonction d’installer dans le paysage le pouvoir de l’aristocratie. C’est un symbole de pouvoir pour les grandes familles étrusques.

Tumulus de la reine à Tarquinia

Le tumulus mesure près de 40m de diamètre. Grâce aux fouilles on en connait maintenant le plan. Assez proche du principe de la tombe 79 de la nécropole de Salamine de Chypre, le tumulus présente un large vestibule qui précède la pièce de la sépulture elle-même. A l’intérieur, une unique chambre, avec la voute en ogive et deux banquettes. La différence avec la tradition orientale est que le vestibule reste ouvert pour accueillir les cérémonies. Les escaliers / gradins accueillaient peut-être les spectateurs qui assistaient à la cérémonie.

Tarquinia - Plan de la tombe de la reine

Le plan du tumulus, avec le petit ensemble de tombes aristocratiques à son nord

Reconstitution des sépultures - TarquiniaUne reconstitution des tumulus avec une architecture qui rappelle peut être aux étrusques les cabanes de leurs ancêtres

Dans cette tombe déjà pillée et sans doute dès l’Antiquité, on a retrouvé dans le vestibule un char, ou plus exactement ses parties métalliques car le cuir et le bois ont disparu. L’ensemble date du deuxième quart du 7ème siècle av. JC. Quelques traces de peinture permettent de faire quelques hypothèses (représentation de vases) ce qui en ferait les plus anciennes représentations peintes de Tarquinia. Quelques figurines, des pleureuses, d’inspiration orientale toujours ont également été retrouvées.

La découverte d’une nouveau tumulus, inviolé !

Nous sommes en 2013. L’équipe continue ses travaux en travaillant notamment sur un installation étrusque du 5ème siècle av. JC. En effet, de chaque coté des tumulus, les étrusques ont eu, à cette époque des activités agraires sur la zone . Et là surprise ! sous l’installation en cours de fouille une sépulture plus ancienne, et cette tombe est inviolée !

Tarquinia - Ouverture de la dalle qui scelle l'entrée de la tombe de l'aryballe suspendue

Ouverture de la dalle devant la porte …. tadammm 🙂

Il s’agit d’un petit tumulus de 6m de diamètre scellé par une dalle de 2m de hauteur. Le plafond s’est écroulé sur une partie du trousseau déposé sur les banquettes. Les objets sont donc tombés dans le petit espace du milieu. 9 clous sont sur le mur, et un petit aryballe est suspendu à l’un d’entre eux. Il est destiné à recevoir les onguents. La « tombe de l’aryballe suspendue » est baptisée !

Tarquinia - Poterie - tombe de l'aryballe suspendue

Quelques objets tombés entre les banquettes suite à effondrement du plafond

Tarquinia - Intérieur tombe de l'aryballe suspendue

La voute n’est plus en ogive mais en berceau. Sur la banquette de gauche, les restes d’une inhumation, sans doute une femme, couverte de fibules, et plus surprenant la pointe d’une lance. Les restes d’un dernier repas organique sont aussi là. Sur la banquette de droite les restes d’une crémation, dans un petit coffret en bois. Grâce à l’enduit de la voute et sa datation, on sait que ces personnages ont été déposé en deux temps : au 7ème siècle la femme a été inhumée et au 6ème siècle, une réouverture a été faite, pour la déposition de l’urne avec les restes de l’incinération. C’est à cette occasion que la peinture fut appliquée sur la voute.

 

 


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