Mosaïque romaine   Mise à jour récente !


Mosaïque Villa Casale

Mosaïque Piazza Amerina – Villa casale – Sicile

(je me résigne a publier les œuvres en petit format pour des questions de mise en page. Mais vous rappelle que vous pouvez cliquer sur chacune de ces images pour les agrandir)

La mosaïque de pavement connait un succès considérable chez les romains. Les sources sont à chercher dans l’art hellénistique (avec des thèmes liés à l’Histoire et la mythologie), dans l’observation de la réalité quotidienne (comme les scènes de labours, de chasse, etc.).

Fonction de la mosaïque

La fonction de la mosaïque est évidemment décorative. N’oublions pas que la salle a manger romaine  (triclinium), qui a généralement un décor plus sophistiqué que les autres pièces, peut organiser les lits de banquets en U autour de la scène. L’objectif est de provoquer l’échange entre les convives et de mettre en valeur leur érudition sur la mythologie par exemple. Il ne s’agit donc pas d’une contemplation seulement passive.

Par ailleurs on n’a peut être pas assez souligné la fonction utilitaire de la mosaïque. Après tout, il s’agit d’un sol solide, car revêtu de pierre, et donc aussi facile à entretenir a grande eaux. Un des paradoxes de ces œuvres restera enfin que ce sont souvent des décors illusionnistes en perspective … sur le sol.

Techniques de mosaïque

Du point de vue technique, on distingue (au moins !)

  •  l’opus tesselatum. Le principe repose sur une mortier fin,  et l’utilisation de « tesselle », petites pierres cubiques, d’un cm carré. La tesselle succède aux mosaïques de galets. L’opus tesselatum fut peut être inventé en Sicile à l’époque hellénistique. Cette hypothèse repose sur les mosaïques de la maison de Ganymède à Morgantina (datée du 3ème siècle av. JC). Une autre hypothèse serait l’invention de cette technique à Alexandrie à la même époque. On y a en effet retrouvé des mosaïques mixtes, composées de galets et de tesselles, ce qui pourrait démontrer la transition vers cette technique,
  • l’opus vermiculatum : cette technique permet des représentations plus sophistiquées. Les tesselles ont alors quelques millimètres de coté et sont taillées sur mesure. Cette technique est très utilisée pour les scènes figuratives,
  • l’opus sectile, qui utilise des fragments de tailles inégales de pierre ou de verre coloré.

 



Quelques œuvres

Allez quelques œuvres maintenant.

La mosaïque du « bassin aux colombes » de Sosos de Pergame (Musée du capitole). Son auteur semble avoir joui assez tôt de la célébrité car il a été mentionné par Pline l’ancien (Histoire Naturelle XXXVI, 184). C’est en effet une mosaïque illusionniste, avec des effets de reflets et d’ombres dans l’eau, dont une reproduction à été découverte à la villa Hadriana.

Mosaïque aux colombes

 

La mosaïque d’Alexandre le Grand (l’épisode de la Bataille d’Issos), découverte dans la maison du faune, rejoint sans doute ce souci de représenter un moment important de l’Histoire pour les convives et doit provoquer leurs commentaires. La scène de bataille figure le moment ou le roi des Perses fuit Alexandre, ce dernier totalement concentré sur sa cible et qui fait corps avec son fameux cheval Bucéphale. Les visages sont très expressifs, les équipements très réalistes.

Mosaïque Bataille d' Issos - Alexandre le grand

 

Mosaïque Bataille d'Issos - Détail Bouclier miroir

L’artiste a aussi montré une certaine audace (ci dessus) dans le style lorsque l’on considère le cheval de dos (à gauche), ou encore le reflet du visage du guerrier terrorisé dans son bouclier (au centre).

La mosaïque du jugement de Pâris, au musée du Louvre, est une décor de triclinium. Les convives reconnaissaient le mythe et enchainait les conversations sur les conséquences de cet épisode. Le berger Pâris, en présence d’Hermès, doit remettre la pomme d’or à la plus belle des trois déesses : Athéna, Héra ou Aphrodite. Il choisira Aphrodite.

mosaïque du jugement de Pâris

 

Mais Histoire et mythologie ne sont pas les seuls thèmes.

Les mosaïques de la Piazza Amerina, du 4ème siècle ap JC montrent que la technique de la mosaïque est encore faste à cette période notamment en Sicile. On y découvre notamment de jeunes femmes, portant des ombrelles, des palmes ou se livrant à des activités sportives. Il y a aussi des animaux exotiques représentés (en tête de ce billet). C’est une démonstration de puissance de la part du maître de maison. Le décor, dans ses thèmes et par sa surface, montre la culture et la richesse du propriétaire.

Mosaïque Piazza Amerina - Villa Casale - Joueuses de balle

 

Il faut noter des différence d’une région de l’empire à l’autre.

En Italie par exemple à Ostie, dans la maison de Bacchus et d’Ariane, datée de 125-150, le fond est blanc et le décor est noir, les détail sont en lignes blanches. On a ainsi un décor silhouetté comme des ombres chinoises. On le voit aussi sur la mosaïque de la Place des corporations, fin 2ème siècle, avec la représentation de bateaux, noir sur fond blanc. Ce style ira progressivement en se schématisant et n’aura pas beaucoup de succès hors de sa région d’origine.

mosaïque de la Place des corporations

En Afrique du Nord, la palette de couleurs est plus large et les scènes sont liées à la culture des champs (Mosaïque des labours (au musée de Cherchell), vers 250, à la chasse, comme pour la mosaique des lions (musée d’El Djem)

mosaique des lions (musée d'El Djem)

En Asie mineure et en Syrie, les mosaïques sont très polychromes. Prenons l’exemple la mosaique de Philippopolis (Syrie), représentant Artemis et Actéon, datée du 3ème ap JC et en opus vermiculatum. Elle présente un décor périphérique avec des guirlandes, des fruits, des canards. Actéon est en haut a gauche. Il sera transformé en cerf par Artémis, pour punition de l’avoir surprise au bain, et sera dévoré par ses propres chiens ! Dans cette mosaïque, il y a un effet de perspective à plusieurs plans, les chairs sont modelées par dégradé de couleur. On peut penser qu’il y a une influence de la peinture de chevalet tant la composition est sophistiquée.

mosaïque de Philippopolis (Syrie), représentant Artemis et Actéon

Enfin un petit focus sur la marqueterie de marbre de couleur, l’opus sectile, connue dès l’époque hellénistique. Là aussi les romains se réapproprient la technique. On en a un bon exemple à Pompéi et à Herculanum. La pierre est coupée transversalement pour en révéler toute les moirures, et le résultat est superbe :-)

Opus sectile

 

Opus Sectile

 

Pour en savoir plus

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