L’antiquité rêvée : retour sur l’exposition Versailles et l’Antique


Première nouvelle : Elle est gratuite ! Vous n’avez donc aucune excuse pour ne pas y aller. Ce qui n’est pas forcément le cas de toutes les expositions sur l’ antiquité, il faut donc en profiter et vous avez jusqu’au 17 mars 2013 !

On pourrait se demander « Comment présenter autant d’œuvres de l’ antiquité dans un espace tel que Versailles? » Et pourtant ils l’ont fait, avec une grande réussite !

Cette exposition nous fait découvrir l’influence de l’ antiquité gréco-romaine sur la création artistique du 17-18ème siècle. Versailles en est d’ailleurs l’élément fondateur : elle est « LA » référence permanente de l’ antiquité et de la mythologie. Entre sculptures, peintures, tapisseries, dessins, objets d’arts, etc, celle-ci évoque toute la fascination pour cette antiquité « plus que parfaite » au temps de Louis XIV.

artemis-de-versailles-diane-chasseresse-accompagnee-d-une-biche

Dès l’entrée, que l’on peut qualifier de théâtrale, on est mis dans le bain : des sculptures d’une beauté captivante nous accueillent dignement. Elles proviennent des jardins du château de Versailles mais aussi de Marly, sous l’ancien régime, et nous sont exposées dans les premières salles de l’exposition. Le « Retour à l’antique » rime également avec un retour sur la mythologie :

Les principaux dieux mis à l’honneur sont Diane, essentiellement, mais aussi Vénus, Apollon, ainsi que des muses qui ornaient ces bosquets. Leurs grâces, leurs attitudes mais aussi cette élégance au drapé blanc rappellent les canons grecs de l’art classique que les artistes de l’époque ont su imiter à la perfection. Ils ont su assimiler cet art du passé jusqu’à vouloir le dépasser. On remarque cependant, une sculpture assez détonante au milieu de ces marbres blancs : celle d’Isis ! On apprend que l’art antique pour les artistes de cette époque ne s’arrête pas seulement à Rome et à la Grèce comme on le croyait mais passe également par l’Egypte, Le Moyen orient. On peut alors se poser la question : qu’elles sont les influences de l’antiquité dans le travail des artistes ? Versailles et l’antique tente d’y répondre.

Dans les salles suivantes, le ton change, le décor aussi.

versailles-antique

On se retrouve au milieu de grandes colonnes factices. La remise en contexte est impressionnante, une véritable mise en scène a été nécessaire pour installer ces collections. Au centre d’une des salles, une sculpture, celle de Latone et ses enfants. Puis, sur les murs, des tapisseries et des tableaux. La vision de leur monde tourne autour de l’antique, de cette mythologie, de ce rapport entre mythe et réalité, entre les allégories des saisons, du temps et de l’amour. On y voit plutôt une recherche de la beauté naturelle et non pas un retour total a l’antique comme on pourrait le croire.

Les grands mythes et légendes qui ont fait l’histoire de Rome et de la Grèce sont également présents, comme celui d’Hercule.

Les autres salles de l’exposition nous entrainent dans des mondes différents. On découvre par la suite ces hommes qui ont fait l’histoire tel qu’Alexandre le grand, Trajan, Auguste, à travers des tapisseries monumentales qui ornent les murs de ces salles imposantes. Ces histoires, qui, rappelons le, servaient à magnifier la personne du roi. Celles ci contrastent avec les bustes et sculptures qui sont également présentes.

La passion de Louis XIV pour l’antique a permis aux différents artistes de se former que se soient les peintres, les sculpteurs, les ornemanistes. On retrouve surtout des œuvres d’Antoine Coypel, Charles de la Fosse, etc…

Le reste de l’exposition nous montre que l’influence de l’antique n’est pas limitée uniquement au sujet des œuvres ; par exemples, on découvre des vases de porphyres également exposés, ils faisaient partis du décor de la galerie des glaces ; mais également des meubles, objets de décors. On retrouve des esquisses, des dessins, des projets de Charles le Brun.

La fin du XVIIème siècle est marqué par un changement des mentalités qui se fait ressentir dans le monde de l’art : la mythologie devient « galante ». Les thèmes principaux sont l’amour, les plaisirs de la vie, les fêtes. L’ antiquité trouve une nouvelle source d’inspiration. Les grands de l’aristocratie se font représentés sous les traits de héros et dieux de cette mythologie Comme Madame de Pompadour représentée sous les traits de diane chasseresse grâce au peintre Nattier.

tée-en-Diane-chasseresse

Les dernières salles de l’exposition nous présente d’autres formules de cette assimilation de l’antique à travers des objets tel qu’une horloge, des décors (de table, etc) mais aussi de scène de décors.

baromètre

C’est d’ailleurs un de ces décors de scène qui sonne la fin de l’exposition. On reste impressionné par toute cette théâtralité, par toute cette démesure héritée de l’ antiquité et revisitée grâce aux artistes et à la personne qu’était Louis XIV. On constate que l’art romain ainsi que l’art grec était pour eux l’incarnation de la perfection, l’exemple à suivre. Art de la propagande mais aussi art du plaisir.

Une mutation de l’art français s’opère au cours du 18ème siècle : l’exposition nous fait remarquer la transformation de l’image de l’ antiquité qui a lieu, à travers le regard des artistes mais également des théoriciens de l’art. Dans la 1ère moitié du 18ème siècle, l’art antique n’est plus considéré comme un canon, un modèle à suivre, ce qui était le cas au 16/17ème siècle. C’est ainsi que s’achève notre initiation. Une belle expo, un parcours intéressant, qui donne envie de rêvasser dans les jardins du château !

 

Un commentaire ?