Le bleu égyptien 2


Les égyptiens ne disposaient pas de lapis-lazuli. Aussi ont-ils cherché très tôt à en imiter la couleur. Ils y sont parvenus vers 2600 avant J.-C., avec l’invention du bleu égyptien.

Composition et Technique du bleu égyptien

Le bleu égyptien est le plus ancien pigment synthétique connu à ce jour ! Pour le fabriquer on utilise de la silice (du sable calcaire, à hauteur de 70%), des composés de cuivre (de 10 à 20%), un carbonate de calcium (7 à 10%) et un carbonate de sodium (le natron, 1%).

Les composants sont finement broyés puis bien mélangés dans l’eau. Des boulettes sont façonnées, puis séchées et enfin placées dans un four. La cuisson s’opère en atmosphère oxydante entre 870° et 1100°C pendant près de 24h suivie d’un refroidissement lent dans le four. Il y a alors synthèse à l’état solide du pigment bleu.

Boulettes de bleu égyptien
Une fois broyées, les boulettes donnent une poudre. La peinture est obtenue par mélange du pigment avec de la gomme arabique (le suc de l’acacia nilotica) dissoute dans de l’eau.

Un bleu égyptien pas toujours … égyptien

L’adjectif « égyptien » est trompeur car cette technique n’est pas uniquement utilisée en Égypte, mais aussi au Proche-Orient :

Bleu égyptien - Peinture à la chèvre bleue

Peinture à la détrempe – chèvre bleue VIIIe siècle avant J.-C. Til Barsip, actuellement Tell Ahmar, nommée Kar Salmanasar à l’époque assyrienne (Louvre)

Les romains quand à eux l’ont surtout utilisé sous forme de pigment pour la peinture, sous le nom de caeruleum . C’est d’ailleurs grâce à Vitruve notamment que l’on connaît la recette de fabrication. Et on a retrouvé du bleu égyptien au fond d’un pot, sur le site de Pompéi !

Un produit très proche de la faïence antique et du verre

Le bleu égyptien est assez proche d’autres produits comme le verre artificiel ou la faïence antique. Il n’est pas sûr d’ailleurs que les égyptiens aient utilisé des termes différents pour distinguer ces trois produits.

Hippopotame Moyen Empire 2033 - 1710 avant J.-C.  Faience siliceuse

Hippopotame – Moyen Empire 2033 – 1710 avant J.-C. Faïence siliceuse (Louvre)

Modèle de support de vase - Faience bleue egyptienne

Modèle de support de vase – Faïence égyptienne (Louvre)

La faïence antique est composée d’une pâte siliceuse recouverte d’une glaçure alcaline.La glaçure est bleue et le corps est blanc ou blanchâtre selon les impuretés. Le corps de la faïence est composé de 92 à 99% de silice, de grains de quartz ou de sable auxquels on ajoute des fondants comme la soude. Le façonnage est fait à froid soit par la technique du modelage, soit par la technique du moulage. La glaçure colorée qui recouvre le corps a une composition quasi à celui-ci : silice, fondant et ajout d’oxydes métalliques. Les couleurs différentes sont obtenues selon les matériaux utilisés : le noir par exemple par mélange d’oxyde de fer et d’oxyde de manganèse, le bleu par de l’oxyde de cobalt.

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